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La maltraitance des aînés

Introduction

Qu’est-ce que la maltraitance des aînés?

Comme pour les autres types de maltraitance, la maltraitance des personnes âgées comprend les mauvais traitements physiques, sexuels et psychologiques ainsi que la négligence. Les personnes âgées sont aussi plus vulnérables à l’exploitation financière aux mains de personnes qui utilisent les ressources financières de celles-là à mauvais escient. (Conseil national des aînés, 2007)

Les faits :

  • Les personnes âgées de plus de 85 ans font partie du groupe dont la croissance est la plus rapide au Canada. Il y a actuellement 645 000 personnes âgées de plus de 85 ans au Canada. On prévoit atteindre le nombre de 1,28 million d’ici 2031. L’augmentation sera de 98 % dans les vingt prochaines années. (Statistiques Canada, 2010)
  • La maltraitance des aînés persiste comme un sujet tabou qui est surtout sous-estimé et ignoré dans le monde. Toutefois, les preuves s’accumulent et elles indiquent que la maltraitance des aînés est un problème important de la santé publique et de la société. (Organisation mondiale de la santé [OMS], 2002)
  • Les taux de prévalence et les estimations sont présentés seulement dans certains pays développés et varient de 1 % à 10 % (OMS, 2002).
  • Il est difficile d’évaluer la prévalence et l’incidence de la maltraitance des aînés au Canada. Plusieurs facteurs en sont responsables comme le manque de déclaration, la confusion sur la définition de la maltraitance des aînés et le manque de sensibilisation. Toutefois, selon les données canadiennes, on estime que de 4 à 10 % des personnes âgées canadiennes vivent une forme ou une autre de maltraitance. (Conseil national des aînés, 2007)

Adhésion au Réseau éducatif sur la maltraitance des aînés.

L’AIIC et l’AIIAO sont actuellement à la recherche de personnes qui se joindraient au Réseau éducatif sur la maltraitance des aînés, un e-forum pour les infirmières et autres professionnels de la santé visant à discuter des soins aux personnes âgées en partageant les ressources et les stratégies afin de soutenir une pratique exemplaire.

Si vous souhaitez vous joindre au Réseau éducatif sur la maltraitance des aînés, veuillez consulter la manifestation d'intérêt. [DOCX, 53,7 Ko]

Contribution des experts

Consulter les textes des experts sur la maltraitance des aînés au Canada qui suivent. L’Association des infirmières et infirmiers du Canada n’est pas responsable du contenu ci-dessous.

A personal story: Starting a journey. [PDF, 116,9 Ko] Sandra P. Hirst inf. aut., PhD, CSIG(C). Directrice, Brenda Strafford Centre for Excellence in Gerontological Nursing, Université de Calgary. (seulement en anglais)

Collaboration interprofessionnelle :stratégies pour lutter contre les mauvais traitements à l’égard des personnes âgées [PPT, 13,8 Mo]

La maltraitance des aînés dans les établissements de santé

Les personnes âgées sont à risque de maltraitance dans les établissements comme les hôpitaux, les résidences de soins de longue durée et autres établissements de soins continus. Un sondage auprès du personnel infirmier effectué par l’Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario au début des années 1990 a démontré que :

  • 20 % des répondants avaient été témoins de maltraitance des résidents dans un établissement de soins de longue durée.
  • 31 % des répondants avaient été témoins de manipulation rude des patients ou résidents.
  • 28 % des répondants avaient été témoins de travailleurs qui criaient après et qui injuriaient les patients ou résidents.
  • 28 % des répondants avaient été témoins de commentaires embarrassants adressés aux patients ou résidents.
  • 10 % des répondants avaient été témoins de coups ou de poussée sur les patients ou résidents.

(Ontario Network for the Prevention of Elder Abuse, 2011)

Une étude historique américaine explorant la maltraitance des aînés dans des établissements de soins de longue durée a rapporté que 36 % du personnel dans les établissements de soins à long terme ont été témoins d’au moins un incident de mauvais traitements physiques d’un résident au cours de l’année précédente et 10 % ont admis avoir commis eux-mêmes au moins un geste de mauvais traitements physiques; 81 % ont constaté de la maltraitance psychologique et 40 % ont admis avoir maltraité psychologiquement des résidents sous leurs soins. (Pillemer et Moore, 1990)

Dans les établissements, les mauvais traitements se produisent davantage quand les normes sont faibles, le personnel mal formé ou surchargé, les interactions entre le personnel et les résidents difficiles, le milieu physique déficient et là où les politiques visent les intérêts de l’établissement plutôt que ceux des patients ou des résidents. (OMS, 2002)

Quels sont les facteurs de risque pour la maltraitance des aînés?

Il y a plusieurs facteurs qui mettent les adultes âgés à risque de maltraitance. Ces facteurs qui laissent les personnes âgées à risque de maltraitance et de négligence comprennent (Université de Toronto, 2008) :

Les déficiences cognitives (la confusion)

  • La maladie d’Alzheimer et autres processus démentiels peuvent engendrer des comportements chez le patient ou le résident que le personnel de première ligne ne comprend pas. Sans la compréhension des troubles cognitifs, les membres du personnel peuvent penser que le patient ou résident agit de manière délibérée ou malicieuse et en conséquence, parfois le personnel use de représailles.

Les états de santé physique et la dépendance aux autres pour les soins

  • La difficulté a exécuter plusieurs activités de la vie quotidienne, incluant prendre son bain, se vêtir et faire sa toilette, font que la personne dépend de l’aide d’autres personnes.

L’incapacité à exprimer ses désirs

  • L’état cognitif et les difficultés de communication (aphasie et autres difficultés d’expression, problèmes auditifs et obstacles linguistiques)

L’isolement

  • L’isolement social, le fait d’avoir peu ou pas de contact avec des personnes à l’intérieur ou à l’extérieur de l’établissement, le fait d’être seul dans une foule.
  • L’isolement géographique où l’établissement ou la communauté est située; le patient ou résident transféré ou déraciné; le patient ou le résident doit saisir la prochaine place libre sans égard à son emplacement.

Le manque de choix

  • Les personnes qui requièrent des soins et du soutien peuvent être à la merci de politiques gouvernementales ou de la disponibilité des services et se retrouver là où il y a une place qui n’est pas toujours la plus adaptée à sa situation. Ceci en retour engendre de l’isolement.

La vulnérabilité financière

  • Un patient ou résident avec de faibles ressources financières peut avoir moins de choix. Cette personne peut être incapable d’être placée ailleurs quand les soins et l’aide offerts ne sont pas adéquats.

Quelles sont les solutions? L’initiative CEPVA

L’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) s’est jointe à l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario pour le projet pancanadien Favoriser la sensibilisation au problème de la violence envers les aînés dans les maisons de soins de longue durée. Le but du projet financé par le Programme Nouveaux Horizons pour les aînés du gouvernement du Canada, de 2010 à 2012, était de favoriser la sensibilisation et la compréhension des travailleurs de première ligne sur la maltraitance des aînés et d’améliorer leur capacité à répondre à des situations de maltraitance. Dix établissements de soins de longue durée à travers le Canada ont été choisis comme site pour sensibiliser le personnel et les familles sur la maltraitance des personnes âgées. Les centres d’excellence en prévention de la violence envers les aînés (CEPVA) se sont engagés à améliorer la sécurité et la qualité des soins. (Pour lire davantage au sujet de ces leaders en sensibilisation de la maltraitance des aînés en soins de longue durée.)

Le présent article de fond souligne les sites CEPVA, le programme de formation remis à chaque site, ainsi que les ressources réunies pour ce projet. De plus, divers experts qui ont contribué à cet enjeu qu’est la maltraitance des aînés présentent une exploration de cet élément important qu’est la sécurité. En tant que professionnels de la santé, les infirmières doivent obéir à un code de déontologie qui stipule « Les infirmières s’efforcent de prévenir et de minimiser toute forme de violence en anticipant et en évaluant les risques de situation violente et en travaillant avec les autres personnes intéressées à la prise de mesures préventives. » (AIIC, 2008, p. 10) Nous avons une responsabilité éthique de faire la promotion de la dignité et du respect des personnes âgées. Avez-vous les connaissances pour déceler, déclarer et aborder la maltraitance des aînés?

Références

Association des infirmières et infirmiers du Canada. (2008). Code de déontologie des infirmières et infirmiers. Extrait de http://www.cna-aiic.ca/fr/au-travail/ethique-infirmiere/

Conseil national des aînés. (2007). Rapport du Conseil national des aînés sur les mauvais traitements envers les aînés. Extrait de http://www.conseildesaines.gc.ca/fra/recherche_publications/traitements_aines/2007/hs4_38/page00.shtml

Canadian Network for the Prevention of Elder Abuse (2011). Abuse in institutions.

Pillemer, K. et Moore, D. W. (1990). Highlights from a study of abuse of patients in nursing homes. Journal of Elder Abuse and Neglect, 2, (1/2) 5-29.

Statistique Canada (2010). Population projetée par groupe d’âge selon trois scénarios de projection au 1er juillet pour les années 2010, 2011, 2016, 2021, 2026, 2031 et 2036. Extrait de http://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/demo08c-fra.htm

Université de Toronto (2008). National Snapshot: Preventing abuse and neglect of older adults in institutions

Organisation mondiale de la santé (2002). Fiche d’information : Maltraitance des personnes âgées. Extrait de http://www.who.int/violence_injury_prevention/violence/world_report/factsheets/en/elderabuse_fr.pdf